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samedi 12 janvier 2008

Escamot et texte principal / secondaire : Stark 1990a, Caro & Bisseret 1997

Deux expériences présentent du texte secondaire en escamot. Pour chacune de ces expériences les modalités de présentation de l’information changeaient selon les groupes de sujets. Un groupe avec escamots et un groupe avec un dispositif traditionnel (tout le texte est présent à l’écran au même niveau). Analyse des résultats.

Les travaux se sont orientées dans 2 directions :
- La mise en escamot d’informations textuelles secondaires dans le contexte d’une tâche de choix d’un bien immobilier. Les sujets devaient déterminer à partir d’une demande d’un client si des biens immobiliers correspondaient à cette demande (après lecture de descriptions de propriétés) [1].
- La mise en escamot d’informations textuelles secondaires dans le contexte d’une tâche de reconnaissance de phrases parmi des leurres, après lecture d’un texte biographique [2].







Version escamot, texte biographique

Ces deux études montrent une mise en avant des informations placées en escamots. Ainsi les escamots semblent favoriser le traitement des informations qu’ils contiennent, du point de vue de la mémorisation, dans des tâches de rappel et de prise de décision suite à la lecture d’un texte descriptif. Une même information, si elle est présentée en escamot, est mieux mémorisée, que si elle est présentée dans le texte principal (rapidité à reconnaître un élément du texte et rapidité à identifier sa source). Le fait de placer une information en escamot ne perturbe pas le lecteur dans la création de liens sémantiques entre les informations placées en escamots et les informations principales de l’écran courant ou des autres écrans en relation avec l’écran courant [1]. Dans l'expérience de Stark [1], les performances sur l’adéquation des besoins des clients avec les propriétés choisies ne diffèrent pas significativement entre les groupes. L’expérience que nous avons faite montre que des sujets ayant lu une phrase placée entre parenthèse ou en escamot, rappellent mieux l’information si elle a été lue en escamot [2]. Ainsi la mise en escamot d’une phrase augmente significativement sa mémorisation par rapport à sa mise entre parenthèses.

On peut aussi noter qu’il n’y a pas de différences notables de temps de lecture total dans ces deux expériences entre les conditions « escamots » et « présentation dans le texte principal » (malgré les temps de manipulation de la souris supplémentaires).

Il semble que le cloisonnement visuel et comportemental du matériel en escamot provoque une amélioration globale de la façon dont l’information est encodée. Par ailleurs il faut indiquer que l’effet de mise en avant constaté dans ces expériences peut être imputable à l’obligation faite aux sujets de consulter les escamots [2] ou à la présence d’un seul escamot par écran, ce qui a pu favoriser la consultation [1]. Dans la réalité il en est tout autre, puisque le lecteur a la liberté de s’abstenir de consulter les escamots.


[1] Stark H.-A. (1990a) Pop-up Windows and Memory for Text in Human-Computer Interaction - Interact'90. D. Diaper et al. (Editors) Elsevier Science Publishers B.V., North-Holland, 1990, p. 67-72.

[2] Caro S. & Bisseret A. (1997) Etude expérimentale de l'usage des organisateurs para-linguistiques de mise en retrait dans les documents électroniques, Le Travail Humain, 60 (4), 1997 ; p. 409-437.

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